On remarquera en passant à droite, au premier plan, la maison du maréchal ferrant
Enfin, à gauche, au premier plan,
les deux institutrices prennent la pose devant l'école-mairie,
propriétaires d'un terrain sur lequel il a été implanté - un siècle plus
tard : vers 1985 - la MTL, elles décideront de le léguer au CCAS.
Les
aptitudes d'Henri pour les choses de la mécanique et pour le dessin
industriel décide Jules, son frère aîné, nettement plus âgé que lui, à
le mettre en apprentissage dans un atelier de serrurerie.
En 1884, Henri entre chez Amédée Bollée père qui construit des
voitures depuis 1873. Le sachant habile mécanicien, Amédée Bollée lui
confie le soin du Mail Coach commandé par le marquis de Broc.
Mais désireux de parfaire ses connaissances, il part aux Etats Unis où
il travaille dans un premier temps dans une scierie de Pittsburg puis
dans une usine de la Nouvelle Orléans. De retour au Mans, le démon de
l'invention commence à le posséder.
La voiture et la machine à écrire ont été exposés lors de la manifestation du 30 Octobre 1989 à FILLÉ organisée par le CLUB LOISIRS, objets aimablement prêtés par le Musée de l'Automobile.
Ainsi, en 1887, à l'âge de 22 ans, il invente la machine à écrire, bien
avant sa véritable percée dans les bureaux. De 1895 à 1902, Henri
Vallée, constructeur automobile propose onze voitures à son catalogue,
construites à la demande et pratiquement sur mesure. Chaque modèle, par
le détail est unique. Mais la fabrication en série que pratiquent
d'ailleurs, parallèlement, les frères Bollée aura eu raison de son
entreprise.
brevet du15 Juillet 1896 pour voiture automobile construite par H. VALLEE
photos ci-dessus et ci-dessous d'une des toutes premières
automobiles construites par Henri Vallée.
documents remis par Monsieur Daniel TURGIS (AGNEAUX 50180) - via René GAIGNON
Dans
les voitures de marque Henri Vallée s'y trouvait fixé un cadre à
glissière qui permettait de dégager le moteur à la manière dont on
retire un tiroir d'un meuble, une simple vis permettait de maintenir le
moteur en place dans la voiture. Des courroies sans fin évitaient les
problèmes des attaches et des allongements. Ainsi, elles n'avaient
jamais besoin d'être raccourcies : le peu d'allongement qu'elles
prenaient se corrigeant facilement avec le coulissement du moteur sur la
glissière. Cette possibilité de sortir facilement le moteur de la
voiture précédait de plusieurs décennies des réalisations semblables aux
Etats Unis.
Toutes ces
innovations étaient appréciées d'une certaine clientèle à la recherche
des techniques les plus avancées pour une locomotion rapide alors
qu'Henri Vallée ne pensait pas aux clients qui recherchaient avant tout
des voitures simples et économiques. Beaucoup de concurrents avaient axé
leur fabrication sur un seul modèle au prix de revient moins élevé. Ces
efforts dispersés eurent des effets néfastes et en
1902, la S.A. Henri Vallée dût cesser son activité, non par insuffisance
de techniques - ces modèles sont de qualité comme la célèbre pantoufle
construite en 1899 voiture de compétition originale à plus d'un titre -
ou par absence de recherches mais en en raison des prix non
concurrentiels. Ce fut la faillite et Henri Vallée perdit une partie de
sa fortune. Il vendit son usine et sa maison.
Ces renseignements sont extraits d'un livre remis par : René GAIGNON.
photo de la collection particulière de René Gaignon.
L'automobile
se vend mal, qu'à cela ne tienne, la motocyclette VALLÉE prendra le
relais ! Après avoir vendu son usine et sa maison on le retrouve trois
ans plus tard dans une fabrique de motocyclettes sise 29, rue Pasteur au
Mans. Sur ce terrain du 29 de la rue Pasteur, il y construisit donc
deux bâtiments en planches, l'un formé de trois pièces en enfilade qui
lui servait de logement et l'autre faisait fonction d'atelier où il
construisit en 1905 la première motocyclette à moteur à eau. Elles
apparurent sur le marché dotées de moteurs mono-cylindriques à quatre
temps, refroidis par circulation d'eau thermo-siphon, avec embrayage par
tension de la courroie de transmission, la mise en marche se faisant à
l'aide d'une manivelle. Elles étaient même pourvues d'une fourche avant
élastique et d'une suspension de selle très efficace.
Par rapport
aux motos à moteur à ailettes, les motos à moteur à eau d'Henri Vallée
présentaient divers avantages : le moteur à eau ne chauffe pas, ne
"grippe" pas, use cinq fois moins d'huile et donne un rendement bien
supérieur ; il s'arrête toujours lorsque l'on coupe l'allumage avec la
poignée interruptrice alors que les moteurs à ailettes sans eau,
lorsqu'ils sont très chauds continuent à marcher et sont la cause de
nombreux accidents. Il ne "gomme" pas non plus à l'arrêt par suite de
surchauffe de l'huile ; il monte les côtes les plus dures et les plus
longues sans donner signe de fatigue .
Ainsi, avec
son moteur à eau, la motocyclette d'Henri Vallée pouvait être employée à
poste fixe comme force motrice pour actionner diverses machines :
aplatisseurs, concasseurs, coupe-racines, écrémeuses, barattes, pompes,
etc... Elle pouvait également servir à actionner une dynamo pour
l'éclairage des maisons.
Document remis par Monsieur SOULARD (85130 LES LANDES GENUSSON) - via René GAIGNON.
Cette photo a été retrouvée il y a près de quarante ans (le pilote de la moto étant le grand-père de Monsieur Soulard).
Sur la fourche à droite, sans doute, la marque de fabrique de l'usine Vallée
Enfin,
malheureusement, la vente de motocyclettes ne marche pas mieux et en
désespoir de cause, le Filléen s'improvise batelier sur un petit bateau
ramené du Havre.
Henri Vallée,
un "quatrième Bollée" est le précurseur de la navigation touristique au
Mans. Ce petit génie de la mécanique qui s'était fait la main chez
Amédée Bollée père, envisage d'organiser des balades sur la Sarthe. Peu
avant la Première Guerre mondiale, il achète au Havre, un petit vapeur
qu'il amène au Mans. Ce qui servira, dans un premier temps, à
transporter du marbre noir de Sablé pour construire sa maison, deviendra
un outil de loisir pour embarquer des promeneurs en mal de guinguette.
Source : "La Vie Mancelle et Sarthoise - Décembre 2023 : "La Sarthe au fil de l'eau (2ème partie).
Photo collection particulière de René Gaignon
A la fin de sa vie, Henri VALLÉE venait souvent en bateau à FILLÉ, on le voit ici à droite dans une embarcation s'approchant du pont
Après une dernière invention en 1914, cet homme disparaitra noyé à l'écluse des Planches.
Ci-dessous, extrait du Journal "La Sarthe" du 9 Juillet 1916
"Ce matin,
vers 9 h30, Monsieur Henri VALLÉE, mécanicien, propriétaire du
bateau-vapeur qui fait les services de la Raterie et Arnage, commit
l'imprudence de se rendre sur ce barrage du Pont de Fer, pour y ouvrir
quelques vannes. Il espérait ainsi faire baisser le plan d'eau et,
permettre la sortie de son bateau.
Monsieur
Henri VALLÉE était accompagné de deux de ses ouvriers : MM. DOITEAU
Albert et BENOIT Marcel. Au cours de son travail, Monsieur VALLÉE glissa
si malheureusement qu'il tomba dans la Sarthe.
Les deux
ouvriers essayèrent de le saisir et de le maintenir mais ils ne purent y
parvenir en raison de la rapidité du courant. Ils appelèrent aux
secours ; on alla chercher la bouée de l'usine à gaz puis l'on prit un
bateau mais ce ne fut qu'Lau bout de 20 minutes qu'il fut possible de
retirer le corps du malheureux sur la berge non loin de son vapeur.
Les soins les
plus énergiques lui furent donnés par les personnes présentes et par M.
BAZOGE, pharmacien, place de l'Éperon. On procéda à des piqûres, à des
tractions rythmées de la langue et des inhalations d'oxygène. Pendant ce
temps, on cherchait un docteur qu'il fut impossible de trouver.
Le service de
santé de la Caserne Négrier fut avisé. M. le médecin-major VALLON
accompagné de plusieurs infirmiers vinrent immédiatement sur les lieux.
Il fit continuer les tractions mais après une heure d'effort, il fallut
admettre qu'il n'était plus possible de ranimer M. Henri VALLÉE.
M. BERGER, commissaire de Police du 1er arrondissement a fait transporter le corps au domicile du défunt, 27, rue Pasteur.
M. VALLÉE
était bien connu dans notre ville. Beau-frère de M. GUILLOREAU, ancien
marchand de cycles et conseiller municipal, il était l'un des inventeurs
de la chambre à air pour cycles et sa marque a longtemps concurrencé
celle de DUNLOP avec lequel il eut un procès que le manque de capitaux
l'avait obligé à abandonner."
extrait du Journal "La Sarthe" du 10 Juillet 1916 :
"C'est le
docteur PERSY qui a procédé aux constatations légales du décès de M.
Henri VALLÉE dont nous avons relaté hier la triste mort.
M. VALLÉE
était âgé de 51 ans. Parmi les personnes qui ont essayé de le sauver, il
convient de citer M. Henri BEDOUET, employé aux Chemins de Fer de
l'État qui, arrivé l'un des premiers sur le pont, s'engagea sur les
planches recouvertes d'eau et s'efforça d'attirer le corps à l'aide d'un
crochet.
Une jeune
fille, dont le père est l'éclusier des Planches, passant courageusement
sur le barrage, fit également tout son possible pour aider les
sauveteurs."
extraits recueillis par René Gaignon et retranscris sur le bulletin de la "ROUE TOURNE" de Juin 1989.
Le bateau aura causé sa perte à l'âge de 51 ans plongeant la mémoire d'Henri Vallée dans un long silence jusqu'à ce week-end des 13 et 14 Octobre 1989 où la Municipalité de FILLÉ et le CLUB LOISIRS
réunis ont organisé une exposition avec diaporama en trois volets sur
les 24 heures du Mans, l'évolution de l'automobile et les plus belles
voitures du mans. Un prototype très ressemblant de la machine à écrire
créée par Henri Vallée fut le clou de l'exposition, aimablement prêté
pour la circonstance par la Ville du Mans.
Le dimanche par un temps magnifique, une concentration de véhicules de collection devait compléter cet hommage à Henri Vallée.
Le corps
d'Henri Vallée repose au cimetière de Fillé. Sa tombe se trouve au fond
du cimetière, à gauche de l'allée centrale, près de la chapelle. En
1898, Henri Vallée avait acheté une concession au cimetière de Fillé
pour lui et les siens.
Bien peu se souviennent de lui.
Reconnu comme un véritable prophète de la mécanique, inventeur,
constructeur, coureur automobile, ce petit homme barbu, au front haut où
brillaient des yeux pétillant d'intelligence était un sage qui
acceptait placidement son sort, très simple et très droit, il était aimé
de tout son entourage et éprouvait un parfait mépris de l'argent ainsi
que de ceux qui en faisaient étalage.
l forma quantité de jeunes ouvriers non seulement sur le plan professionnel mais aussi sur le plan moral.
Une autre famille habitant rue
du Passeur a eu un fils qui eut à son époque une certaine célébrité :
la famille TROUVE. (les familles TROUVE et VALLEE habitaient en face
l'une de l'autre, la famille TROUVE habitait la maison qui fut pendant
un temps une épicerie).
En effet, Ariste TROUVE-CHAUVEL né à LA SUZE le 29 Octobre 1805 (17
brumaire de l'an 14), homme politique français décédé dans l'oubli à
Paris, le 14 Octobre 1883, était le fils de René Trouvé, marchand
tanneur, né le 7 Mars 1781 à Fillé sur Sarthe.Après de brillantes études, dès 1834, il se lance en politique en devenant membre du conseil municipal du Mans.
- en 1838, il crée la Banque Commerciale Industrielle Agricole de la Sarthe ;
- le 19 Mars 1840, il devient le Maire du Mans ;
- en 1847, il crée la Compagnie de Navigation Fluviale de l'Ouest ;
- le 15 Mai 1848, il devient Préfet de Police de Paris ;
- le 21 Octobre 1848, il obtient que le tracé definitif de la voie
ferrée Paris-Rennes passe par LE MANS alors en concurrence avec ALENÇON ;
- le 25 Octobre 1848, il devient ministre des Finances du gouvernement Cavaignac.
Opposé à Louis-Napoléon Bonaparte élu à la présidence de la République
le 10 Décembre 1848, il est emporté par la vague bonapartiste.
Battu aux élections, il revient à la Suze où il dirigea la tannerie familiale.
A l'annonce du coup d'état du 2 Décembre 1851, croyant à une opposition
durable, il soulève et arme ses tanneurs. Mais après l'échec de
soulèvement, il est contraint à l'exil durant lequel il rencontre à
plusieurs reprises VICTOR HUGO.

Général et homme politique français, Ariste Trouvé-Chauvel fut ministre des finances sous le gouvernement de Louis-Eugène CAVAIGNAC
Source et informations :
biographie d'HENRI VALLEE (1865-1916) inventeur, constructeur et coureur
automobile remis et signé René GAIGNON et qu'il a dédicacé lui-même à
l'attention de Monsieur le Maire de FILLE, Janvier 1991.
illustrations extraites du livre précité.
Divers
documents remis par René GAIGNON sur HENRI VALLEE (ceux concernant
l'une des toutes premières voitures lui ont été remises par
MonsieurTURGIS d'AGNEAUX et celle concernant la motocyclette type 1905
lui a été remise par Monsieur SOULARD des LANDES-GENUSSON.
Sources
bibliographiques : Henri Vallée "le prophète" : l'Automobile a 111
ans... rue LA CENOMANE - quatrième année n° 13 - été 1984.
Concernant Ariste Jacques Trouvé Chauvel :
Source et informations sur le site "Ariste Jacques Trouvé-Chauvel, wikipédia"
La revue CENOMANE revue trimestrielle - 4ème année n° 13 "L'automobile a 111 ans" - Henri Vallée "le prophète".
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